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L'AMBIANCE
Une grande partie de l'atmosphère particulière de cette ville
médiévale se dégage de son aspect. A Talis, le réseau urbain est tortueux ;
quelques rues principales sont pavées de granit permettant ainsi le passage
d'égouts sous la chaussée ; mais la plupart des rues, exceptées les ruelles
sont pavées de bois :
des tronçons de chênes ont été plantés dans la terre battue,
ce qui a pour effet de rendre la chaussée particulièrement glissante par
temps pluvieux. Il est rare que l'on puisse voir très loin dans Talis,
soit à cause de la forme des rues, soit à cause du non alignement des
maisons qui forment ainsi de nombreuses "chicanes". La plupart des maisons possèdent un
rez-de-chaussée construit de pierre surmonté le plus souvent de quatre
étages de colombages et de torchis, qui se surplombent les uns les autres ce
qui a pour effet de produire une véritable voûte au dessus des rues les plus
étroites ; le passant est ainsi protégé de la pluie et du soleil (certaines
ruelles restent toujours sombres !), mais cela entrave la circulation des
attelages.
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Vesper
descend la rue au Matois en direction du Cafard dans l'espoir de
trouver une proie facile et argentée pour ses doigts agiles, il se
fraie un chemin à travers la foule entre les étals des artisans en
évitant des temps à autre un colporteur ou on marchand d"oublis.
Un médecin, dans se robe violette, met ces gants rouges sur le pas de
sa porte, sa bourse bien garnie attire l’oeil de Vesper et le décide à
tenter une approche ; mais par Malchance, le médecin s’éloigne pour
s’entretenir avec un Sergent de milice désœuvré. Vesper ne s'attarde
pas et continue son chemin en esquivant adroitement la sébile
suppliante d’un manchot souffreteux. Décidément la journée commence
mal !
Au dessus du brouhaha des cris publicitaires, des disputes de foyer et
des bavardages de commères, les cloches sonnent pour l’heure de
Tierce, rappelant à Vesper qu'il n'a pas encore dîné. Soudain il
aperçoit derrière une charrette à bras un visage connu : celui du
trésorier d'un Marchand de la Rive, s’entretenant discrètement avec un
receleur notoire; sans doute y a t il un transfert de fond clandestin
qui ce prépare.
Retrouvant son entrain, Vesper se hâte vers la taverne ou il sait pouvoir
retrouver quelques amis à court d’argent mais plein d’audace. Cette
journée ne s’annonce pas si mauvaise, après tout. |
De
tous les lieux imaginaires des mondes médiévaux fantastiques, les villes
sont les plus remuants et inégalitaires, mais constituent un support
privilégié pour l'imagination des maîtres de jeu et l'exaltation des
aventuriers. Non seulement la ville est l'étape indispensable de celui qui
veut perfectionner ses talents, mais elle est aussi une source inépuisable
de situations épiques et d'occasions de forger une réputation,
Cependant la complexité de la ville médiévale est telle qu'un maître de jeu
devra non seulement faire son plan mais également établir son ambiance, son
histoire, son économie : en un mot, son réalisme.
Afin d'épargner ce travail fastidieux et souvent ingrat à celui qui est
confronté à des voleurs épris de cambriolages et a des combattants pressés
d'en découdre avec les miliciens, je nous propose de décrire dans le détail
une ville médiévale pleinement développée :Talis.
Le présent article sert d'introduction générale à cette ville et je vais
vous
détailler les différents quartiers.
J’ai localisé Talis dans le contexte de l’île d'Ibsen, mais il va de soi
qu'elle peut être transférée dans n'importe quelle campagne, sur le bord
d'une mer tempérée.
PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Placée à l’embouchure de la Guivre et de la Gwen, Talis s'étend sur un
terrain irrégulier en s'appuyant fortement sur quelques éminences : la Cite,
la Mate, le parvis ce la cathédrale, la citadelle de l'Archonte, et la
falaise de l'Université. Cependant ce qui frappe d'esprit à la vue de Talis,
c'est l'importance des hautes constructions ; de la masse des maisons
entassées surgissent quelques sommets architecturaux : les tours élancées de
la Bibliothèque, le Donjon de l'Archonte. le clocher de la cathédrale et
surtout le beffroi de la Commune.
Pour le voyageur, Talis se caractérise principalement par son
cosmopolitisme. Depuis la découverte des Nouvelles Terres. à l'Ouest de
l'Océan, les navires du continent font souvent escale dans son port et la
plupart des marchandises Ibsenites (de l’île d’Ibsen) y transitent.
Le bois descend la Gwen par flottage depuis le massif montagneux des Déluves
accompagné de la Blende (zinc) : le fer descend la vallée de la Guivre
depuis le piémont des Montagnes de la Coupe. L'industrie textile constitue
la principale source de revenus propres a Talis, avec l'accueil des pèlerins
du continent qui vont vers Nemos et la Sainte Chute.
La Cité fut fondée par Oriane et baptisée d'après l'ancien nom de la mer. Il
y a plus de 15 siècles en l'an 2 du débarquement des Hallanders en Avalterre.
Talis fut tout de suite fortifiée pour soutenir la guerre contre les
Magiciens. mais plus tard ses murailles successives s’avérèrent utiles
également contre les invasions nordiques ou les incursions des pirates. Cinq
siècles après sa fondation, Talis devint un centre commercial important avec
!'Empire d'outremer et, depuis, son développement n'a pas cessé malgré les
destructions engendrées par le tremblement de terre de 1232 et les guerres
contre les Orques au cour du XV° siècle.

LES INSTITUTIONS TALIESINNES
Talis possède trois organes principaux de gouvernement qui se disputent
âprement le pouvoir tout en se maintenant les uns les autres dans leur
domaine propre.
Nous mentionnerons tout d'abord l'Archonte et sa cour de nobles dont
l'ambition est de faire de Talis la capitale d'un hypothétique royaume d'Avalterre
: l'Archonte domine la vie politique de la ville et de sa campagne et est
responsable de la sécurité de Talis et de ses habitants.
Le Patriarche Vesque Gausmar est le chef de la hiérarchie religieuse
Taliesinne et à ce titre il s'immisce dans tous les aspects du gouvernement
de la ville afin de mieux servir les Dieux.
Enfin, le Conseil Echevins, composé à Talis de 12 marchands (nobles et
bourgeois). dirige la vie économique de la ville en ayant toujours en vue
son intérêt général.
Ces trois pouvoirs s'influencent souvent les uns les autres, établissant
parfois une alliance implicite entre deux contre le troisième, ce qui
engendre des périodes de mouvance politique dans la cite.
Les autres institutions Taliesinnes notables sont les suivantes:

La Milice en garnison dans la Cité garantit la sécurité des biens et des
personnes par des patrouilles régulières de jour comme de nuit.
Les Corporations assurent pour chaque profession une protection financière
et un contrôle serré de la concurrence.
Les Postes constituent un organisme rare. Même dans l'empire elles offrent à
la population aisée un service de messagerie rapide ainsi que la possibilité
ce circuler en fiacre dans Talis et de voyager par calèche en Avalterre
partir de la ferme Saint-Ladre. En ville, on peut trouver un ou deux fiacres
libres sur chaque place d'église sauf entre minuit et six heures.
La Voirie est chargée de l'entretien des ouvrages municipaux et militaires
ainsi que du nettoyage des rues. C'est la nuit que son activité est la plus
importante : des charrettes parcourent les rues en se chargeant d'ordures et
des patrouilles circulent dans les égouts pour vérifier leur bon écoulement.
La Frairie des Spadassins dont les membres, assassins ou reîtres louent les
services de leurs armes aussi bien pour de mauvais coups que pour des
protections rapprochées.
La Guide des Voleurs, dont les activités touchent à tous les domaines,
depuis le cambriolage organisé jusqu'au trafic de drogues. Ses membres
agissent la plupart du temps pour leur propre compte en cédant à la Guilde 1
quart de leurs gains. Les quelques actions commanditées directement par le
Maître des Voleurs se font sous le couvert de masques en peau de rats, que
tous craignent dans Talis.
La Magerie, commandée par le plus grana sorcier d'Ibsen depuis la
Bibliothèque, a des activité obscures : nui n'est mène sur que l'existence
de la Magerie ne soit pas une légende.
LES QUARTIERS
La Cité : la partie la plus ancienne de Talis, mainte fois
reconstruite mais dont le plan a peu varié au cours des siècles.
Le Cafar : une espèce ce souk ou de bazar composé de baraques que les
artisans et les boutiquiers les moins riches louent à la journée. Centre
privilégié du marché noir, on y trouve de tout.
Sughurd : gigantesque terrain vague encombré de cabanes : les plus démunis
de Talis s'y entassent.
L'Escorcherie : le quartier puant des abattoirs.
La Mate : place dégagée sur une éminence : le quartier est considéré comme
le plus mal famé de Talis.
La Cuve : le centre en creux du quartier des artisans.
La Rive : le bourg marchand,
Le Marechel : centre de l'activité commerciale de la ville.
L'Université : le quartier le plus récent qui abrite étudiants et érudits.
La Foraineté : tous les étrangers et les bateleurs s'y trouvent.
La Manance : le quartier huppé de Talis, habité par les nobles et les
bourgeois aises.
La Vieille Ville

Le plus ancien des quartiers de Talis se trouve délimité par
le tracé de la deuxième enceinte que posséda la ville. La première enceinte
se voit encore dans le rectangle formé par les rues de l'Esponde, de l'Escaillerie,
du Fardeau et par le quai de la rue Herbière. Ce secteur, nommé Cité par les
Taliesins est le plus ancien de la ville et l'on peut encore y voir des
constructions âgées de plus de vingt siècles.
Lorsque la ville s'étendit à sa deuxième enceinte, le port fut creusé
parallèlement à l'embouchure de la Guivre. En l'état actuel des choses la
digue fortifiée qui le fermait est en grande partie détruite et remplacée
par des chaînes. De nombreux appontements permettent aux navires de toutes
sortes de relâcher à Talis (pour une Pa par mètre de quai occupé par jour).

La vieille ville est devenue le quartier le plus actif de Talis. Toutes les
professions, les marginaux, les plus démunis (les "nihil habentes"), les
plus aventureux, tous sont représentés.
Dès les premières lueurs de l'aube l'agitation commence : ceux qui veulent
se faire un peu d'argent se pressent Place du Naule dans l'espoir de se
faire
engager pour charger ou décharger les navires ; les colporteurs
peuvent parcourir les rues sans risquer l'amende ; les changeurs
s'accompagnent de gardes
du corps au rôle dissuasif ; les "racleurs" de la
Guilde des Voleurs récoltent les droits de protection sans se cacher; les
divers commerçants démarchent le chaland directement sur le pavé ; et tout
ceci se déroule sous la surveillance relâchée de quelques patrouilles de
milice. Les journées s'écoulent dans l'agitation avec leurs incidents
occasionnels, tels les haros sur les voleurs à l'étalage ou les accidents de
la circulation.
Lorsque la nuit tombe l'agitation fait de même. Les mendiants recherchent
leur place pour dormir ; les patrouilles se font de plus en plus vigilantes
; des chaînes sont tendues pour fermer les quartiers dangereux. L'activité
se poursuit cependant dans certaines rues : là où les tavernes sont
nombreuses et en particulier dans les rues de la Maquerellerie et du
Baigne-dans-le-Beurre que les prostituées parcourent en entraînant leurs
discrets clients dans des hôtels borgnes.
Malgré l'ambiance louche de la vieille ville la milice Taliesinne domine le
quartier et contribue à y maintenir un compromis entre les lois de la
Commune et celles du "milieu".
1 - Garnison de la milice : à l'intérieur de l'enceinte rectangulaire
se retrouvent autour du donjon où loge le Capitaine :
a. quartiers permanents des miliciens ; b. écuries, forge et
ateliers ; c. greniers et réserves ; trois miliciens gardent en permanence
la rampe d'entrée ; les tours de la garnison sont suffisamment hautes pour
surveiller une bonne partie de la ville : des guetteurs s'y postent de nuit
pour prévenir d'éventuels incendies.
2 - Le Cafar : compris entre la rue Vieille du Port, la Rue Longue,
la rue Tenecle et la rue des Burons, ce secteur est envahi par des échoppes
qui appartiennent à des marchands de la Rive ; ces boutiques sont louées à
la journée aux commerçants qui n'ont pas de magasin en propre : le
boutiquier vient le matin avec son enseigne et sa marchandise et paie le
soir au propriétaire un dixième du bénéfice de la journée. Le Cafar
concentre une grande partie du marché noir ce qui permet donc d'y trouver
absolument tout ce qu'on veut y compris les articles les plus rares et les
plus improbables.
3 - Sughurd : Ce nom barbare désigne le quartier pauvre de Talis.
C'était autrefois un groupe de pâtés de maisons comme les autres mais le
tremblement de terre de 1232 occasionna sa destruction. Sughurd est
maintenant un gigantesque terrain vague encombré de masures et de taudis qui
s'entassent parfois jusqu'à huit niveaux. Parmi les mendiants un jeu
hiérarchique veut que plus on habite haut, plus on est important ; par voie
de conséquence les plus mutilés sont relégués dans les basses couches de la
mendicité. De temps à autres, on peut entendre un bruit sourd monter de
Sughurd lorsqu'un tas de baraques s'effondrent.
4 - Sainte-Brittis : ancienne cathédrale de Talis dédiée à "Celle qui
regarde la mer" ; ces murs sont tapissés d'un nombre imposant d'ex-voto.
5 - Les bains de l'Évêché : deux absides servent d'entrées et de
vestiaires à ce dôme où, pour deux ou trois Pa, on se voit conduire à l'un
des baquets remplis d'eau chaude et garni d'un drap blanc qui protège des
échardes ; on peut alors se prélasser quelques temps ou se nettoyer
énergiquement avec brosse et savon. Une buanderie attenante permet de faire
nettoyer ses vêtements entre temps monnayant une Pa ou deux. Des videurs
musclés surveillent les lieux en permanence. Ces bains sont réservés aux
hommes.
6 - La Reine Blanche : édifices composant une espèce de cabaret
assidûment fréquenté par de nombreux Taliesins. Les propriétaires sont deux
aventuriers qui ont réussis, Gruntic et Hygelac, qui laissent la gérance de
l'établissement à un ancien prévôt de milice, Marfanès. La salle commune se
divise en trois parties : au centre en entrant se trouve la taverne, sur la
gauche la salle de jeu et à droite la partie restaurant au fond de laquelle
une estrade accueille un orchestre de bardes pygmées qui jouent dans un
style dit "Niou-orh-line-hss" dans leur langue. Aux étages, des salles
offrent des attractions d'ordre privé ou une compagnie agréable pour les
messieurs. La Reine Blanche jouit d'un statut particulier : les taxes qui
lui sont appliquées de la part de la Commune et de la Guilde des Voleurs
sont ridiculement basses.
7 - Hôtellerie de l'Evêché SaintBrittis : cette auberge plutôt bien
tenue à pour vocation d'accueillir les pèlerins qui font escale à Talis.
8 - Les Bains de la Ville : ces bains-ci sont mixtes
(bien que séparés) et plus chers que ceux de l'Evêché ( près de cinq Pa) ;
ils sont installés dans l'ancienne Maison de la Ville.
9 - Guilde des Navigateurs : cet imposant édifice contient les
archives et les registres du port de Talis pour l'essentiel, ainsi qu'un
grand nombre de cartes des mers et des fleuves du monde.
10 - Fort-Ressac : l'une des deux prisons de Talis, la plus dure ;
surnommée l'Anti-chambre de l'Enfer. Nul ne s'en est échappé. On y transfère
les prisonniers politiques et ceux qui méritent plus que la mort. Face à la
mer, le fort est dominé par la luxueuse demeure de son gouverneur.
11 - La Sirène d'Argent : une auberge fortement fréquentée par les
jeunes courtisans.
12 - La Proue Échouée : la particularité principale de cette taverne
est que son enseigne est une véritable proue de navire qui fait l'angle du
pâté de maisons ; par temps ensoleillé la voile déployée protège les clients
de la. chaleur.
13 - Le Dauphin Noir : la taverne la plus populaire du port.
14 - Pancrasse le Boucher : on dit en confidences que l'on peut lui
confier les cadavres en trop si on le paye correctement ; ses pâtés en
croûte sont excellents.
15 - La Vue sur l'Échafaud : taverne très fréquentée les jours
d'exécution ; c'est à dire tous les jours.
16 - La Pipe d'Écume : notoirement un rendez-vous de la Guilde des
Voleurs.
17 - Saint-Cramtor de l'Abrègement
18 - Saint-Lir du Montoir
19 - Saint-Autar le Vieux
20 - Sainte-Norie
21 - Sainte-Ermentrude
22 - Chaines de Talis : destinées à fermer le port, on les abaisse
généralement de jour sous le niveau de la quille des navires. Mentionnons
cependant que chaque bateau prend d'énormes risques sans l'aide d'un pilote
(dont, bien entendu, les services se payent).
23 - Pont flottant : formé de barges reliées entre elles par des
cordes.

LE CAPITAINE HERMANN |
LA MILICE
Afin de maintenir l'ordre dans les rues de Talis, la milice fut organisée
par la Commune sur la base suivante : chaque guilde ou corporation doit
former et armer certains de ses membres qui serviront comme miliciens pour
une période qui varie d'une guilde à l'autre (généralement deux ans).
Certains miliciens peuvent choisir de faire carrière et sont alors nommés
sergents. Les plus compétents deviennent prévôts.
La milice compte approximativement trois mille hommes groupés en patrouilles
de dix dirigées par des sergents. Les actions des patrouilles sont
coordonnées par districts ; chaque district étant sous la responsabilité
d'un prévôt qui doit rendre compte au Capitaine Hermann. Les prévôts se
libèrent quelque peu de leur charge sur certains de leurs sergents qui
acquièrent ainsi un rôle plus important dans leur district.
Le Capitaine de la milice est nommé par la Commune (et souvent choisi dans
les familles des échevins).
Le taux de corruption des miliciens varie grandement. Ils ont
généralement tendance à être très compréhensifs pour les membres de
leur propre guilde ; cependant les patrouilles se composent
d'hommes de diverses origines et le sergent a le plus souvent rompu les
liens avec sa corporation. Tout ceci contribue à équilibrer le trafic
d'influences.Le rôle des miliciens est d'assurer la sécurité des Taliesins. Ils
parcourent les rues par sections (quatre hommes et un sergent), assurent la
protection des biens (gardant les bâtiments publics et les maisons de
guilde), et des personnes (membres influents des corporations).
Les
miliciens doivent constamment prendre garde à ne pas empiéter sur les
prérogatives de l'armée que commande l'Arconte :
Homme d'une grande probité, il dirige la milice depuis trois ans. Son
intransigeance est bien connue ainsi que son sens de l'organisation.
L'uniforme des miliciens se compose d'éléments plutôt disparates. Cependant,
tous portent une cuirasse de cuir et un casque de métal crêté. Les sergents
possèdent une cuirasse de métal et des bottes de cuir. L'armement pour les
hommes se compose d'une courte dague et d'une hallebarde, le sergent porte
la rapière. Enfin une patrouille au complet comprend souvent un arbalétrier
(ou arquebusier si vous l'acceptez)
|
LES ENSEIGNES (Extrait des lettres de
maître Passim à son neveu Théobule)
(....)
Tu dois bien songer, mon cher neveu, qu`en une telle concentration de
demeures et de voies tortueuses, il serait fort délicat de trouver le
logement d'une personne inconnue sans aucun point de repère. Sache
donc que le sens pratique du bourgeois lui fit trouver un moyen fort
simple en
vérité de se diriger vers la moindre des demeures.
Tout d'abord chaque rue porte un nom de notoriété publique qui la
distingue de ses voisines ; de plus chaque maison porte un signe, une
enseigne quelconque placée en sa façade. Ainsi j'habite dans la
maison dite "au lion rugissant, sise rue, Sainte-Norle" * ceci à''
cause de la gargouille à face léonine qui fait l'angle de mon premier
étage.
Sachant cela, il te suffit de te faire indiquer la rue que tu cherches par un passant puis de la descendre en observant
attentivement chaque façade. Par procédé, tu pourras trouver n'importe
quelle demeure par toi ignorée. (....) |
La Ville basse.

Alors que la seconde enceinte de Talis enserrait déjà la Cité et le port,
l'activité commerciale a commencé à se développer. Plusieurs faubourgs se
sont construits dont le plus important était celui de Saint-Quenet; coincé
entre la vieille cité et le fleuve. La troisième enceinte du protéger ces
faubourgs contre les incursions de la Horde Rouge du X° siècle et c'est à sa
porte ouest, à l'emplacement du marais, que la première foire s'est établie.

La Ville Basse possède trois quartiers :
La Rive au Sud -- dont l'axe
principal est la rue aux Changeurs -- abrite des entrepôts et les demeures
de la plupart des marchands itinérants de Talis ; le quartier Saint-Gayoffe
à l'Ouest est essentiellement habité par les orfèvres et les préteurs mais
également par des artisans : au nord, enfin, le Marechel réuni les commerces
de victuailles, c'est là que toute la ville se fournit en gros.
Une grande partie du commerce Taliesin se concentre sur la Place aux Blé où
se tient un marché permanent. Des péniches (que les Taliésins nomment
calands) empruntent les canaux pour charger ou décharger les céréales, les
étoffes, les vins, etc.
Le quartier Saint-Gayoffe présente une particularité bien connue : entre
certaines maisons des espaces couverts par les étages supérieurs sont
laissés libres et permettent à quiconque les connaît de traverser rapidement
le quartier. Ces "traboules" (nommées ici corsières) abritent par
endroits
des petits commerces insolites et sont hautement prisées par les voleurs qui
apprécient l'étroitesse et la discrétion de leurs accès.
C'est au début de l'été que la Ville Basse connaît une effervescence sans commune mesure. La Foire Annuelle se réunit
sur la Place aux Blés, sur le quai Vitdegrain, dans la Grand'Rue jusqu'à la
Grand'Place et dans tout le Marechel où tous les étrangers vendeurs et
acheteurs de gros se retrouvent, attirés là par les avantages fiscaux alors
que la ville entière fourmille de gens de toutes sortes : bateleurs,
ménestrels, barbares de l'ouest, pèlerins ainsi qu'une racaille nombreuse et
variée.
1 - La Guilde du Commerce : ce groupe d'édifices est de construction récente
abrite les instances financières de la Commune. De nombreux clercs
travaillent ici et établissent quotidiennement les cours de diverses
marchandises. En particulier, chaque matin, un crieur public proclame les
valeurs des monnaies par rapport au denier taliès.
2 -
Hôtellerie des deux tours : il s'agit ici de l'auberge la plus fréquentée
de Talis. Chacun de ses deux bâtiments comporte trois étages au-dessus du
rez-de-chaussée en arcades. Les toits sont couverts de tuiles colorées qui
forment des motifs géométriques entrelaçant les armes de la ville. Cette
auberge a pour habitude d'accueillir les marchands de passage et les
aventuriers fortunés.
3 - Les Thermes Vieux : ces bains publics ont été plus dune fois reconstruits
depuis ses premiers siècles de la colonisation haliander sur Ibsen. Très
fréquentés par les artisans et les commerçants, ils servent ce forum où il
est courant de traiter les affaires discrètes.
4 - Le Belvédère : On dit que ce rocher abrite la tombe d'Oriane, le
fondateur de la ville. C'est le rendez-vous habituel des duellistes le
matin, des bandes de mioches la journée et des amoureux le soir.
5 - Maison de change de Mostatès Mobabeh : cet édifice baroque appartient au
changeur marchand le plus influent de Talis. Le rez-de-chaussée n'est qu'une
seule grande salle à colonne où des tréteaux sont installés pour permettre
aux agents de Mostatès de changer toutes sortes de monnaies, de monnayer
toutes sortes d'objets
et de proposer le service de conseils financiers. A l'étage ces bureaux
permettent de traiter les affaires importantes en privé. Le sous-sol est une
véritable chambre forte où sort entassées les valeurs.
6 - La bolée du Troll : une auberge spécialisée dans la nourriture
"campagnarde" on y organise ces joutes "à qui mangera le plus".
7 - Librairie Lochepoix : cette boutique est la seule librairie du quartier
; elle est tenue par un ancien conservateur de la Bibliothèque qui a été
renvoyé pour insubordination (il conservait les livres que le clergé
ordonnait de détruire). Cet homme - qu'on appelle le vieux Lochepoix - est
un puit de science et possède des ouvrages arcaniques surprenants.
8 - La clé dans le C... : un des plus fameux maîtres serruriers loge à cette
enseigne. Maitre Hassouart est capable de forger les serrures les plus
complexes et les mécanismes les plus invraisemblables.
9 - Caserne de la Porte de Malfé : plusieurs groupes de miliciens sont
cantonnés ici ; il s'agit de cavaliers pour l'essentiel.
10 - La Maison aux Crânes : cette demeure fut construite à l'époque où les
cimetières Taliésins furent vidés au profit des catacombes ; un architecte
farfelu utilisa cette matière première abondante ; en particulier les
corbeaux qui soutiennent le premier étage sont des crânes humains.
Actuellement la maison abrite un cercle de jeunes nobles désoeuvrés qui y
pratiquent des rituels plus ou moins sataniques et sado-masochistes.
11 - La fontaine des Trois Gouttes : cette très vieille fontaine ne laisse
filtrer que trois gouttes par semaine. On dit que quiconque à la chance de
laisser tomber une goutte dans sa bouche verra un voeu se réaliser.
12 - Saint-Hacquelebac : église dédiée au saint patron des manipulateurs
d'argent (marchands et voleurs).
13 - Sainte-Gormanne : sainte protectrice des pèlerinages.
14 - Saint-Gayoffe-le-Haut : sur le parvis se tient un marché aux fripes
chaque début de semaine.
15 - Saint-Bruyer-aux-Deux-Tours
16 - Saint-Quenet-sur-la-Rive : son
carillon joue sur l'air de "Ah ! Qu'ils sont beaux les pieds des missionnaires".
17 - Saint-Alcofribas : sur son parvis glosent les
abstracteurs de quintessence.
18 - La Coupe Tétée : taverne où l'on célèbre souvent les accords
commerciaux.
19 - La Cave à Bulong : cette taverne est le rendez-vous des racleurs
(extorqueurs de fonds en tout genre) du quartier Saint-Gayoffe.
20 - Chez Plumepatte : les matamores qui paradent Rue de l'Artigus aiment à y prendre un pot
en dévidant leurs exploits.
21 - A la Roue Blanche : la seule , minoterie du
quartier ; parfois de la farine se déverse dans le canal par accident ce qui
attire des nuées de mouettes.
22 - La Pointe Tortouse : cet emplacement offre aux Taliesins un large
éventail de services exécutoires (pendaisons, roueries, décollations,
noyades, bastonnades, etc). L'édifice à l'ouest comporte de nombreux balcons
avec tout le confort requis pour les personnes de haute condition.
LA MONNAIE
Le système monétaire Taliésin présente une grande simplicité, épuré qu'il
est par des siècles d'usage. La base en est le denier talles, pièce
grossièrement octogonale qui fut autrefois en argent, mais que des mises
hors-cours successives ont amené à n'être plus qu'un alliage de cuivre à la
valeur intrinsèque très faible.
Le denier taliès vaut un centième de livre d'argent (500 Gr) et donc 2,5
deniers d'argent. On le nomme indifféremment Taliès, Octet ou Noir.
La seconde pièce Taliesine est le Monneron - plus couramment nommé Poussière
- qui représente un dixième de talles et offre l'avantage de la petitesse
(un centimètre de diamètre).
Il existe enfin une pièce d'or, le Mangon (ou Rose) dont la rareté est
proverbiale. En effet chaque Mangon est une pièce de un centimètre
d'épaisseur et huit centimètres de diamètre artisan orfèvre a ciselé avec
patience pour en faire une rosace
unique en son genre. La valeur du Mangon n'est pas fixe et se situe plutôt
sur le plan du prestige ; en fait on pourrait acheter absolument n'importe
quoi avec un seul Mangon.
La monnaie Taliésine marque toujours le nouveau venu en ville pour une
raison majeure que nous exposerons ici :
Imaginons un voyageur venant du Nord, la bourse lourde de 125 pièces (deniers)
d'argent. Il entre à Talis par la porte Saint-Girbert et se trouve surpris
qu'on ne lui fasse payer aucun octroi ; il se rend alors dans une auberge, y
commande une bière mais se trouve bien marri quand le serveur refuse ses
deniers en lui disant qu'ils n'ont pas cours en ville.
Il est en effet interdit d'utiliser à Talis toute autre monnaie que la
monnaie locale ; le voyageur va donc devoir changer ses 125 pièces (deniers) quelque
part entre la Place du Change et le Pont des Changeurs.
L'opération est simple mais on y perd fortement ; voyez plutôt . Notre
voyageur possède 125 pièces (deniers) d'argent dont la valeur réelle en taliès est de
50 pièces; cependant, sur ces 50 taliès, le changeur prélève de 10 à 20%
pour son service (ici sept taliès, en restent 43) puis 5% de la somme
restante pour l'Archonte et enfin deux talles de taxes communales ; restent
à notre voyageur 38 taliès et huit poussières....
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MOSTATES MOBABEH
Cet homme d'origine étrangère s'est installé à Talis il y a trente ans et a
rapidement fait fortune grâce à un système d'association particulier :
le premier associé est le commanditaire et finance une expédition
marchande
que dirige le second associé, le commandité ; ils se partagent les bénéfices
de façon à ce que le commanditaire en reçoive les trois quarts. Mostates
touche à tout ce qui rapporte, et peut fournir n'importe quoi pourvu
que le prix y soit. |
Dans ces conditions, il est
évident que les tentatives de fraude sont nombreuses. La plus courante est
de vendre son argent pour la valeur du métal ; dans ce cas. la perte peut
être moindre.
Le métier de changeur peut sembler très rémunérateur, mais il ne sont qu'une
minorité à tenir la part importante du marché grâce à leurs autres activités
commerciales. La Rue aux Changeurs est encombrée par les étalages : sur
chacun d'eux une balance côtoie un coffre, un boulier, un écritoire et des
écritures de compte. Chaque changeur, aussi peu riche soit-il, a un garde du
corps qui lui est fourni par la Guilde du Commerce, et qu'il doit loger et
nourrir. Ces hommes se présentent généralement torse nu afin d'impressionner
le client ; un bracelet doré au bras droit est le seul insigne de leur
fonction.
Sur le Pont des Changeurs s'installent les moins fortunes d'entre eux. à
même le sol ; ceux-ci se spécialisent généralement dans le change d'un seul
type de monnaie mais sont les seuls à accepter de manipuler ce petites
sommes.
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LA SÉCURITÉ
(Extrait des lettres de Maître Passim à son neveu Théobule)
(...) Quelle que soit la porte par laquelle tu pénètres dans notre bonne
ville, tu t'apercevra que des gardes miliciens requièrent courtoisement du
voyageur qu"il circule sans armes dans l'enceinte. C'est là le souci qu'a la
Commune de la sécurité de ses bourgeois ; ainsi toute personne armée prise
par une patrouille se voit priée de ranger ses armes et de payer une amende
conséquente.
Je dois cependant t'avouer, mon cher Théobule. (mais ne le répète pas à ta
mère) que moi-même, comme la plupart des bourgeois, lorsqu'il m'arrive de
passer par des quartiers douteux, je porte le grand couteau de chasse qui
appartient à ton grand-père.
C'est la nuit que les risques me semblent les plus grands. Bien entendu, Il
est formellement interdit de circuler entre le couvre-feu et l'aube,
cependant certains y sont bien contraints (je pense à ton cousin Brotin) ;
heureusement pour ceux-ci, la Commune a fait mettre en place des chaînes
pour fermer à la nuit tombée les quartiers les plus mal famés ; c'est ainsi
que l'honnête bourgeois sait quand il lui faut rebrousser chemin dans ses
pérégrinations nocturnes. (...)
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